Méthode et limites
Ce site n'a d'intérêt que si l'on peut vérifier chacun de ses chiffres. Voici exactement ce qu'il montre, d'où viennent les données, et ce qu'elles ne disent pas.
Le périmètre : toutes les administrations publiques
Le diagramme couvre les administrations publiques au sens de la comptabilité nationale : l'État et ses opérateurs, les collectivités locales, et la sécurité sociale. C'est le périmètre pertinent pour répondre à « où va l'argent public ».
Il ne faut pas le confondre avec le budget de l'État voté au Parlement, qui est environ trois fois plus petit : il ne contient ni les retraites, ni l'assurance maladie, ni les dépenses des communes, des départements et des régions. Pour 2024, le périmètre retenu ici représente 1 672,7 Md€ de dépenses, contre 671,3 Md€ pour l'État et ses opérateurs seuls.
La source
Toutes les valeurs proviennent des comptes nationaux annuels des administrations publiques, produits par l'Insee selon le règlement européen SEC 2010, puis transmis à Eurostat. Les chiffres sont donc identiques à ceux que publie l'Insee ; on passe par l'API d'Eurostat parce qu'elle est stable, complète et interrogeable automatiquement.
- gov_10a_main — Principaux agrégats des administrations publiques, y compris recettes et dépenses
- gov_10a_taxag — Principaux agrégats fiscaux de la comptabilité nationale
- gov_10a_exp — Dépenses des administrations publiques par fonction (CFAP)
- nama_10_gdp — Produit intérieur brut (PIB) et principales composantes (production, dépenses et revenu) - données annuelles
Le script de collecte est dans le dépôt : scripts/build-data.ts. Il reconstruit l'intégralité des fichiers publiés ici en une commande.
Comment le diagramme est construit
Le tronc central porte le total des dépenses de l'année. À gauche, les ressources qui les financent : les recettes, plus l'emprunt, puisqu'en France les dépenses dépassent les recettes. Les deux côtés s'équilibrent donc exactement.
À droite, deux lectures. « À quoi ça sert » répartit la dépense par fonction (classification CFAP/COFOG : santé, enseignement, protection sociale…), sur deux niveaux de détail. « Sous quelle forme » la répartit par nature économique : salaires, achats, prestations versées, investissement, intérêts.
Quand la somme des sous-postes ne recouvre pas exactement le total publié, l'écart apparaît tel quel dans une ligne « Autres ». Il n'est jamais réparti au prorata sur les autres postes.
La vignette du haut de page est le même diagramme réduit à sa silhouette, sans étiquette ni chiffre. Elle porte les proportions réelles de l'année affichée ; les postes trop fins pour rester visibles à cette taille y sont additionnés dans une dernière bande, jamais retirés. Aucune valeur ne s'y lit : tout se lit sur le diagramme en grand et dans les listes.
Deux tables d'Eurostat peuvent diverger très légèrement parce qu'elles ne sont pas rafraîchies le même jour. Pour 2024, le total des dépenses ventilées par fonction est inférieur d'environ 914 M€ au total publié dans la table des agrégats, soit moins de 0,1 %. Aucun ajustement n'est appliqué : l'écart reste visible dans les fichiers publiés.
Les quatre unités d'affichage
Un milliard d'euros ne veut rien dire pour personne. Le sélecteur d'unité, en haut de page, ne change jamais les données : il applique au montant publié l'une de ces quatre opérations, et rien d'autre.
- Milliards d'euros. Le montant publié, tel quel, en euros courants de l'année.
- Par habitant. Le montant divisé par la population publiée pour la même année (68 775 952 habitants en 2024).
- Pour 1 000 € dépensés. La part du poste dans le total, appliquée à une dépense de 1 000 € : un poste qui pèse 10 % du total s'affiche 100 €. C'est une règle de trois sur la structure réelle de l'année. Ce n'est pas votre imposition personnelle, que ces données ne permettent pas de calculer.
- En part du total. Le montant rapporté au total des dépenses de l'année.
Les trois dernières sont des transformations exactes et réversibles de la première. Aucun arrondi n'est appliqué avant l'affichage.
La ventilation par administration n'est pas consolidée
La section « Qui dépense » montre les dépenses de l'État et de ses opérateurs, des collectivités locales et de la sécurité sociale, prises séparément. Ces trois montants s'additionnent à 1 779,0 Md€, soit davantage que les 1 672,7 Md€ de dépense publique consolidée.
Ce n'est pas une erreur. L'État verse chaque année des sommes considérables aux deux autres ; ces transferts sont une dépense pour l'État et une recette puis une dépense pour le destinataire. Le total consolidé les retire une fois. On publie les deux chiffres et on explique l'écart plutôt que de le lisser.
Pour la même raison, les barres « qui porte quelle mission » se lisent comme des parts de la dépense non consolidée de chaque fonction, pas comme des parts du total national.
Comment « l'administration d'elle-même » est calculée
C'est le seul chiffre du site qui résulte d'un choix de périmètre plutôt que d'une ligne publiée telle quelle. Il mérite donc d'être détaillé pas à pas.
On part de la division 01 de la CFAP, « services généraux des administrations publiques », soit 181,1 Md€ en 2024. Cette division est trompeuse : elle contient aussi la charge de la dette, la recherche fondamentale et l'aide économique extérieure, qui ne décrivent en rien le fonctionnement de l'administration. Ces quatre groupes sont écartés — et affichés sur la page, barre grise à l'appui, plutôt que retirés en silence.
Restent quatre groupes, 97,5 Md€ : les organes exécutifs et législatifs avec les affaires financières, fiscales et étrangères (01.1), les services généraux — personnel, planification, statistique, achats, immobilier (01.3), leur recherche (01.5), et un résidu (01.6).
Ce montant est ensuite croisé avec la nature économique de la dépense, ce qui est la partie décisive. Sur ces 97,5 Md€, 29,9 Md€ sont des transferts : de l'argent inscrit sur la ligne budgétaire d'un service administratif mais versé ailleurs, dont la contribution française au budget de l'Union européenne. Les compter comme du coût d'administration est l'erreur la plus fréquente sur ce chiffre, et elle le gonfle de près de moitié.
Le coût de fonctionnement propre est donc la somme de trois natures seulement — rémunérations, consommations intermédiaires, investissement — soit 67,6 Md€, ou 4,0 % de la dépense publique. Les six natures retenues recouvrent le total à l'euro près ; si ce n'était plus le cas, l'écart apparaîtrait dans une ligne « Autres natures ».
La limite, qu'on ne peut pas lever. Eurostat s'arrête au deuxième niveau de la CFAP. Le groupe 01.1 réunit donc dans un seul montant la direction politique du pays, l'administration fiscale et la diplomatie. Aucune clé de répartition entre les trois n'est publiée pour la France, et on n'en invente pas : la diplomatie reste comptée dans ce chiffre. Il faut le lire comme une borne haute.
Les pouvoirs publics : une seconde source, saisie à la main
La section sur les élus est la seule du site à ne pas venir des comptes nationaux, et c'est une conséquence directe de la limite ci-dessus : la comptabilité nationale ne sépare nulle part les élus des agents qu'ils dirigent. Aucun traitement ne permet de les en extraire.
Les montants viennent donc de deux familles de documents officiels français : les rapports du Sénat sur la mission « Pouvoirs publics » du projet de loi de finances, et les fiches publiées par l'Assemblée nationale et par le Sénat sur l'indemnité parlementaire. Chaque chiffre est recopié tel quel, accompagné sur la page de son lien et de sa date de relevé. Rien n'est calculé, actualisé ni reconstitué.
La contrepartie est explicite : ces valeurs ne se mettent pas à jour toutes seules quand une nouvelle loi de finances paraît, contrairement au reste du site. Elles vivent dans src/lib/pouvoirs.ts et se corrigent à la main.
Deux précautions de lecture y sont appliquées. Les dotations sont des crédits votés, pas exécutés. Et la dotation de fonctionnement parlementaire comme le crédit collaborateurs sont affichés séparément de l'indemnité : ce sont des frais de mandat et des salaires versés à d'autres personnes, les additionner au revenu de l'élu double le chiffre sans rien décrire.
Le traitement du Président de la République et des ministres n'est volontairement pas chiffré : le décret qui le fixe ne donne pas un montant mais une formule indexée sur la grille hors échelle de la fonction publique. Il n'existe donc aucun montant officiel à citer.
Ce que les données ne permettent pas de montrer
- La CSG n'est pas isolée. Dans la nomenclature européenne, elle est classée avec l'impôt sur le revenu. Le poste « Impôt sur le revenu, CSG et CRDS » agrège donc les deux, et la CSG en représente à peu près la moitié.
- Les transferts entre administrations sont invisibles dans les totaux consolidés. C'est correct pour mesurer la dépense réelle, mais cela masque la circulation interne.
- Les niches fiscales ne sont pas des dépenses ici. Un crédit d'impôt réduit les recettes ; il n'apparaît pas comme une ligne de dépense, conformément à la comptabilité nationale.
- Le détail arrive avec un an de retard. Les grands agrégats d'une année sont publiés au printemps suivant, la ventilation par fonction un an après. Les années sans détail portent une astérisque dans le sélecteur.
- Les élus ne sont pas séparables des agents. La CFAP s'arrête au groupe 01.1, qui réunit la direction politique, l'administration fiscale et la diplomatie. C'est pourquoi la section sur les pouvoirs publics change de source.
- Les effectifs n'apparaissent nulle part. Les comptes nationaux publient des masses salariales, pas des nombres d'agents. On ne peut donc pas dire combien de personnes travaillent dans l'administration générale, seulement ce qu'elles coûtent.
- Aucune granularité par ministère, programme ou commune. C'est la limite du périmètre national. Ce niveau existe dans d'autres sources ouvertes, et constitue la suite logique de ce travail.
Les couleurs sont une information, pas une décoration
Le bleu porte tout ce qui entre, le rouge ce qui manque, l'encre le total ; les emplois portent une famille chaude, jamais bleue. Dans les ressources, plus un poste est gros, plus il est foncé.
Les teintes ne sont pas choisies à l'œil. Elles sortent d'une recherche sous contrainte : bande de luminosité, chroma minimal, contraste d'au moins 3:1 sur le fond, et surtout séparation suffisante entre teintes voisines une fois simulées en protanopie et en deutéranopie. Chaque poste porte de toute façon son libellé et son montant écrits : la couleur n'est jamais le seul canal d'information.
Licence
Le code est publié sous licence MIT. Les données d'origine sont sous licence ouverte Eurostat/Insee et restent librement réutilisables, avec mention de la source.
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